LES TRIBULATIONS D’UNE MAMAN QUI VEUT S’IMPLIQUER EN HOCKEY FÉMININ

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NOTE DE PHAF – Pas toujours évident de se faire une place dans une structure de hockey féminin comme on peut le constater à la lecture de cette lettre envoyée à Hockey Québec dont nous avons obtenu copie. Nous retenons l’identité de l’auteure, le but étant d’abord d’exposer une situation sans causer de préjudice à qui que ce soit.

Bonjour,

Je me permets de vous interpeller face à une situation personnelle que je vis actuellement.

Tout d’abord, je suis, bien entendu, une maman! Ma fille a treize ans et a commencé à jouer au hockey en 2019. Dès le début de son parcours, je me suis impliquée dans ce sport. Étant moi-même une joueuse de hockey, et également, depuis trois 3 ans, une joueuse de dekhockey, il était naturel pour moi de transmettre l’amour du hockey, que ce soit sur une surface, ou sur la glace.

Chemin faisant, et à la demande de ma fille, j’ai suivi et complété les formations obligatoires, afin d’être réglementaire pour faire partie du ‘coaching staff’.

Je n’ai pas besoin de vous mentionner que ce n’est pas facile de faire sa place dans un monde masculin, malgré le fait que ma fille évolue dans une équipe féminine.

J’ai réussi à être entraineure en chef et adjointe.

À la demande de ma fille, je n’ai pas été sur le banc pour la saison 2024-2025. Puisque je suis dans le domaine de la santé, que je retournais sur mon poste d’embauche et que je devais travailler une fds sur deux, sa demande m’a semblé naturelle et réfléchie.

Au début de l’été 2025, elle m’a fait part de son désir d’avoir une présence féminine sur le banc. Elle m’a avoué que ça lui manqué, tant dans la chambre que sur le banc.

Voilà que je donne mon nom pour participer aux séances brises-glace en début de saison. Le responsable de notre association a été avisé par courriel de mon intérêt, tant pour la pré-saison, que pour faire faire partie du coaching staff. J’ai conservé tous les échanges de courriels.

Malgré mon intérêt et mes qualifications, l’entraîneur-chef (qui a été sélectionné par l’Association), ne m’a pas choisie dans son équipe. Il y a donc un coach principal et 4 assistants. Tous des papas. De plus, il y en a trois qui ont des engagements dans d’autres niveaux, ou qui ont des enfants qui jouent dans différentes catégories.

Dernièrement, vous avez publié un rapport de comité sur le développement du hockey. Dans votre article, vous avez mentionné l’importance des mamans dans le féminin.

Malheureusement, malgré vos pistes de solutions, les mères sont mises de côté, que ce soit dans la proposition d’aide sur la glace que dans le coaching staff.

Avec l’abolition de la catégorie M13F, la tranche d’âge des joueuses se situe entre 12 et 14 ans. Donc, 3 ans entre la plus jeune et la plus vieille. Je n’ai pas besoin de vous rappeler que certaines n’ont pas encore leurs menstruations, alors que d’autres ont déjà des copains et pensent éventuellement à des moyens de contraception !!!

N’y a-t-il pas de meilleure ressource qu’une maman pour gérer cette période tumultueuse de l’adolescence? Une joueuse sera plus portée à se confier à une maman. La résolution de conflits est plus facile lorsqu’il y a une présence féminine pour apaiser ce tourbillon d’émotions et d’hormones.

N’allez pas croire que je suis parfaite, loin de moi cette prétention. J’ai une liste longue comme le bras de défauts. Moi aussi j’ai mes sautes d’humeurs, des mauvaises journées et des problématiques à régler, tant au travail qu’à la maison.

Est-ce une raison pour m’exclure? En toute honnêteté, non. C’est décevant et frustrant de se faire rejeter.

Je comprends que certaines mamans lâchent prise et désirent ne plus s’impliquer dans le hockey. À quoi bon mettre de l’énergie à la mauvaise place? Parce que oui, ça draine du jus sur un moyen temps.

Dernièrement, c’est -à -dire à la dernière pratique, un adjoint ne pouvait pas être présent.

Alors, pourquoi est-ce qu’il a été remplacé par un papa, qui n’avait pas donné son nom pour faire partie du coaching staff, alors que moi, j’ai démontré de l’intérêt dès le début de la pré-saison?

Difficile de ne pas penser au mot sexiste, parce que oui, c’est clairement ce que je vis…

Une Hockey Mom qui en a gros sur le cœur.

Photo SLQNE – Un match de hockey féminin.

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Commentaires

Une réponse à “LES TRIBULATIONS D’UNE MAMAN QUI VEUT S’IMPLIQUER EN HOCKEY FÉMININ”

  1. Avatar de Laetitia Létourneau
    Laetitia Létourneau

    Bonjour

    Oui, cest difficile pour une femme de faire sa place dans ce sport “d’hommes”. Avec le temps, j’ai été capable de gagner une belle crédibilité au sein de mon organisation et je coach en chef chaque année une équipe de garçon. Même apres avoir gagné des prix de coaching, (lauréate coach de l’année par hockey Canada en 2022) jai encore quelques fois un commentaire un peu déplacé, j’en fais la blague que moi, mes boules sont juste pas à bonne place, on fini ça en riant un peu jaune. Mais je le sais que je travaille bien et que le CA de mon organisation me choisit, donc, ces petits commentaires ne briment pas ma confiance. Je remarque aussi, que l’arbitre ne va pas me voir en 1er lorsquil veut échanger, souvent, il vient voir un de mes adjoints, faut que je m’impose, chu quand même coach en chef, cet échange, je veux en faire partie.

    Jai arbitré aussi pendant 10 ans, a ce niveau la, j’en ai eu plus des commentaires à caractère mysohine quand il y a des échanges avec l’équipe coach pendant un match. Mais de moins en moins avec le temps.

    Je te souhaite de pouvoir vivre le.hockey de ton enfant avec la place que tu mérite et celle pour laquelle tu as travailler. Nos enfants grandissent vite et a un moment ce sera un souvenir. Ces souvenirs la, on les veut positif.